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http://www.pambazuka.org/images/articles/537/june_23_c_tmb.jpgLe pouvoir a reculé au Sénégal, mais ce n’est qu’une bataille de gagnée. Pour Ababacar Fall «Barros», d’autres conquêtes sont à mener pour créer les conditions démocratiques permettant de «barrer la route aux ennemis du peuple» lors de la présidentielle de 2012.

http://www.pambazuka.org/images/articles/537/53072_june_23_large_c.jpgNous ne trouvons pas de mots forts pour saluer la victoire du peuple sénégalais dont son fer de lance, la jeunesse intrépide, a grandement été, l’artisan en partie. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la fierté envers notre jeunesse est grande.

Car cette caste de parasites politicards ingrats, braillards, arrogants, était arrivée à croire que le Sénégal est un comptoir commercial qui leur appartenait, comme au temps de l’époque coloniale. Mais le tsunami du 23 juin a balayé leurs prétentions débiles. Et de peu, une lame de fond a failli emporter dans l’Océan Atlantique leur mentor, l’occupant du Palais de l’ancien gouverneur des colonies d’Afrique occidentale française (Aof).

Mais cette éclatante victoire, quel que puisse être son retentissement, ne devrait pas nous faire perdre de vue ces batailles préjudicielles à mener, si nous nous plaçons dans la perspective de barrer la route aux ennemis du peuple, à l’occasion du rendez-vous des élections présidentielles de février 2012. Nous ne devrions pas nous soucier ou avoir ‘’peur’’ d’un candidat âgé de 85 ans qui, de surcroit, a perdu le prologue de la bataille de 2012. Les bailles préjudicielles, à mener électoralement parlant, sont celles concernant la délivrance des cartes d’identités à des milliers de jeunes qui ont l’âge de participer au vote et l’invalidation du découpage électorale des communautés rurales qui risque de ‘’saccager’’ le fichier électorale.

Le fait de n’avoir pas agencé et investi ses forces sur les priorités, a fait que l’opposition a perdu trop de temps et donné l’occasion au Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir), d’en gagner. Pourquoi se défoncer à s’opposer à la candidature de Wade qui serait le meilleur adversaire à battre à condition de ne pas lui laisser entre les mains ou celles de ‘’son vice-président’’ le dispositif administratif de fraude électorale intact ? Dispositif constitué par le sabotage organisé au niveau du ministère de la Décentralisation à travers les délégations spéciales mises en place avec le découpage des communautés rurales (rien que pour perturber le fichier électorale), mais aussi par le refus du ministre de l’Intérieur de délivrer les cartes d’identités aux jeunes ayant l’âge de voter en 2012. Sans compter les douteux récépissés qu’il compte délivrer en quantité industrielle.

Qu’est ce qui empêche l’opposition politique et citoyenne de dresser des comités de demande de carte d’identité, dans chaque quartier et dans chaque village ? La revendication citoyenne devrait prendre en compte la diligence dans la mise en place des audiences foraines pour les jeunes ne disposant pas d’acte de naissance. Pour impulser cette dynamique, la revendication citoyenne devrait proposer la prorogation de la révision des listes électorales.

Par ailleurs, toutes les coalitions politico-citoyennes de l’opposition devraient instituer des « journées de dépôt » des demandes de cartes d’identité (appuyées de statistiques), auprès des commissariats de police, préfectures ou sous-préfectures, sous la conduite de leurs dirigeants. Sans ce ‘’travail de fourmis’’, sans la mise en place de comités antifraudes dans tous les centres de votes à travers le pays (les jeunes de demandent qu’à être organisés pour cela), nous risquons de passer à côté de la plaque.

* Ababacar Fall-Barros est membre du Groupe de Recherche et d’Initiative pour la Libération de l’Afrique

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