Le continent africain continue d’être bousculé avec la connivence des dirigeants africains eux-mêmes favorisant la convoitise extérieure sur les ressources africaines, participant et facilitant le pillage éhonté de celles-ci, organisant la prédation de l’économie dite nationale, permettant l’économie de crime (blanchiment d’argent, trafic des drogues, et des armes, l’esclavage ou tourisme sexuel), etc. Il y a certainement des exceptions. Mais nous centrons nos analyses sur le cas de la République Démocratique du Congo, le cœur troublé de l’Afrique (Robert B. Edgerton, 2002.)
La recherche de la paix durable
(…) Depuis qu’elle a eu son indépendance nationale, la RDC est dans une crise sans fin. Pendant la période de l’Etat indépendant du Congo, la phase initiale du pays, les conflits s’exprimaient en guerres opposant les conquérants coloniaux, les esclavagistes arabisants, les populations et des fragments d’Etats en crise résistant aux conquêtes. Ils se résolvent par la création forcée d’un « Etat », décidé par l’accord des puissances impérialistes à la Conférence internationale sur le Congo à Berlin (1884-1885).
L’indépendance nationale fut octroyée précipitamment. Les nouveaux dirigeants, paniqués, sans boussole, naviguaient à vue. L’Occident soupçonneux des communistes russes pouvant profiter de la crise pour vite entrer au centre de l’Afrique, met le pays sous l’éteignoir. Le premier Premier ministre Patrice E. Lumumba et d’autres nationalistes sont ciblés. La décision d’éliminer Lumumba, par exemple, est prise dans les hautes sphères des Etats américain et belge. Les occidentaux veulent alors préserver, à tout prix, leurs intérêts au Congo et sont prêts à écarter tous ceux qui y porteraient atteinte.
Depuis lors, les crises et les conflits se sont succédés au Congo, dans une spirale sans fin, mais sur des bases bien connues. Comment résoudre le conflit et ramener la paix ? L’assassinat de Lumumba et d’autres nationalistes n`a fait que l’aggraver. L’Occident pense que ses intérêts ne peuvent être préservés au Congo que si le Congo indépendant reste aux mains de leurs alliés (marionnettes) des forces congolaises pro-occidentales. Il ne s’occupe pas de la légalité ni des intérêts de la majorité des Congolais.
Pour sortir de cette logique de guerres sans fin, la RD Congo a intérêt à développer une vision pouvant guider le processus de transformation d’un territoire, colonisé et décolonisé précipitamment, en une Nation autocentrée répondant positivement aux intérêts et aspirations de la majorité de la population. Un discours —quelque émancipateur qu’il soit dans les intentions - prononcé devant les adversaires et les ennemis possibles, ne peut être la meilleure manière de formuler, en synergie avec ses citoyens, une vision utile.
Si la question de la paix concerne des contextes différents et des situations spécifiques (contextes mondial, régional, sous-régional et national), elle passe d’abord par un vrai projet congolais de construction de la démocratie participative.