Chroniques
Sarkozy, la France et Haïti
Claude Ribbe (2010-02-08)
Le président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, se prépare à visite Haïti. Pour Claude Ribbe, cette visite est «lourde de sens», au regard de la manière dont l’histoire de Haïti a été dramatiquement marquée par la France. Cette visite, soutient-il également, appelle des préalables : avant de fouler le sol d’Haïti, Sarkozy doit avoir rendu justice au général Alexandre Dumas, un des héros noirs de la Révolution française
Haïti, microcosme de la crise du développement
Yash Tandon (2010-02-08)
Derrière l’ampleur du désastre et des drames qui frappent Haïti après le tremblement de terre du 12 janvier, Yash Tandon invite à voir les ‘’défauts du développement’’. Car les morts et les destructions, dans les dimensions qu’elles ont prises, ne sont que la conséquence des politiques qui ont ruiné ce pays et empêché sa construction. Et quand les pays occidentaux, ainsi que la BM et le FMI, qui ont organisé la mise à genoux de ce pays, avec la complicité d’une élite locale prédatrice, parlent d’aide, Tandon la balaye d’un revers de la main et appelle à une solidarité plus saine en faveur de Haïti.
La haine et le tremblement de terre
Sir Hilary Beckles (2010-02-08)
‘’Haïti n’a pas failli’’, écrit Hilary Beckles. Pour elle, ce pays a été détruit par deux des plus puissantes nations du monde. Deux nations qui continuent, sur les ruines du tremblement de terre qui a ravagé ce pays, « à avoir un intérêt primaire dans la situation actuelle ». Haïti a été étranglée par la France au moment où ce pays, libéré de l’esclavage, s’inscrivait dans le sillage de la liberté et de la justice. Un étranglement auquel ont participé les Etats-Unis et une alliance Nord Atlantique agressive qui ne pouvaient concevoir un monde habité par un régime africain libre, représentant d’une démocratie émergente. Haïti a ainsi suffoqué dans la haine de sa liberté confisquée, jusqu’à ce tremblement de terre qui l’a pratiquement abattu.
Pourquoi les Haïtiens viendraient-ils en Afrique ?
Venance Konan (2010-02-08)
Abdoulaye Wade, le président sénégalais, n’est jamais à court d’idées. Il ne se passe pas un seul jour où il ne nous gratifie d’une nouvelle idée. Sont-elles toujours bonnes ? Je n’en sais rien. Mais originales, ça, elles le sont assurément. Prenez la dernière. Pendant que les Occidentaux et tout le reste du monde se mobilise pour venir en aide aux Haïtiens frappés par un terrible séisme, il leur propose tout simplement de quitter leur île pour venir s’installer en Afrique. N’est-ce pas généreux, ça ? Réfléchissez.
L'Afrique, nouveau terrain de jeu des puissances économiques
Amady Aly Dieng (2010-02-08)
Depuis la fin de la guerre froide, la géopolitique mondiale a subi de profonds bouleversements, dont le continent noir n’a pas été exclu. A l’antagonisme Est-Ouest, qui voyait s’affronter, par pays africains interposés, l’Union soviétique et les Etats-Unis, succède un jeu moins stéréotypé. Celui-ci contraint les acteurs internationaux traditionnels à s’adapter, tandis qu’émergent de nouveaux participants. Point commun à tous, écrit Amady Aly Dieng : le continent constitue un précieux champ d’expression de leurs préoccupations et de satisfaction de leurs intérêts.
Commentaires & analyses
Malheureux Dadis !
Venance Konan (2010-01-30)
Transféré du Maroc où il se faisait soigner après l’attentat qui l’a visé le 3 décembre dernier, Moussa Dadis Camara est en convalescence au Burkina Faso. En Guinée, l’intérim revient désormais à Sékouba Konaté. Et pour Venance Konan, dans cette «lettre à Dadis», l’ancien homme fort de la Guinée ferait mieux de tourner la page et se considérer exclu du jeu politique dans son pays.
Les Sierra Léonais se souviennent de la guerre
Benedit (2010-01-17)
Devant le Tribunal Spécial pour la Sierra Leone, il ne reste plus que l’ancien président Charles Taylor à être jugé pour ses crimes durant la guerre civile qui a ravagé le pays de 1991 à 2001. Voir ses trois autres acolytes chefs de guerre récolter 120 ans de prison ensemble, a été un soulagement pour les populations et a donné du crédit au processus entamé pour la Vérité et la Réconciliation. Mais pour Benedit, ce n’est pas seulement ainsi qu’on pourra tourner la page sur les difficiles années que les Sierra Léonais ont vécues. Il faut plutôt commencer à améliorer le présent pour éclairer le futur.
Les engagements de Caracas pour le socialisme du 21e siècle
2010-01-11
Le Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV) a organisé, les 19 et 20 novembre 2009), dernier une rencontre internationale à Caracas. Plus d'une cinquantaine d’organisations de Gauche avaient répondu à l'invitation, venus d’Afrique, d’Amérique Latine, des Caraïbes, d’Europe, d’Asie et d’Océanie, y ont pris part. Un document dit les "Engagements de Caracas" est sorti de cette rencontre, qui fixe l’engagement de construire le socialisme du 21e siècle et de mobiliser les mouvements et partis de gauche autour d’une lutte pour un monde meilleur.
Les réponses des pouvoirs dominants du Nord à la crise en cours
Samir Amin (2010-01-11)
Les crises multiformes qui se sont exacerbées à travers le monde, au cours de ces deux dernières années, ont fait l’objet d’analyses et de propositions diverses en matière de solution. Le plus souvent sous la perspective d’un Nord dominant dont le système s’effondre, et qui s’accroche encore à des certitudes que Samir Amin perçoit comme des préjugés erronés. Moins que des solutions, ce qui est avancé lui apparaît plutôt comme « le produit de stratégies du capital des oligopoles, organisant les conditions qui lui sont favorables». Sans aucune perspective de décision autonome pour les pays du Sud.
Racisme primaire en Italie
Matteo Fraschini Koffi (2010-01-11)
«Il y a la guerre contre la drogue et de nombreux membres de notre famille représentent l’ennemi. Je ne sais pas comment on fait la guerre à sa propre famille». C’est ainsi que le réalisateur/auteur américain, Stephen Gaghan, qui a remporté un Oscar, résume, en une phrase, l’essentiel du film «Traffic» Remplacez «drogue» par «racisme» et la même phrase résume ce que je ressens chaque fois que je reviens en Italie pour une quinzaine de jours. C’est ici que j’ai grandi, c’est ici que vivent ma famille et mes plus vieux amis. Mais c’est aussi le pays que j’ai choisi de quitter, il y a quatre ans. Et voici ce qui était arrivé.







